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Antoine Nougarède

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DG de Retail & Connexions

Doubler l’offre de commerces et services marchands en gare d’ici 10 ans

Retail & Connexions, filiale de SNCF, gère près de 200 000 m2 d’espaces en gare, pour 190 M€ de redevances annuelles[1]. L’activité connaît un fort développement. Antoine Nougarède est le directeur général de Retail & Connexions.

Quelles sont les gares concernées par une activité commerciale ?

Sur les 3000 gares exploitées par SNCF, 400 ont plus de 250 000 voyageurs et au moins une boutique. Dans environ 50 grandes gares parisiennes et régionales, le trafic permet de proposer une offre bien plus étendue. Les flux sont nettement supérieurs à ceux des grands centres commerciaux. Jusqu’à 10 fois supérieurs pour la gare du Nord, qui atteint 200 millions de voyageurs. C’est pourquoi nous prévoyons un doublement des surfaces dans les dix ans à venir, accompagné d’une forte montée en qualité.

Pour les enseignes, quelles sont les autres différences entre les gares et les centres commerciaux ?

Outre leurs impressionnants flux de voyageurs, les gares rayonnent souvent sur des quartiers de centre-ville ou d’affaires et peuvent attirer des non voyageurs si l’offre est adaptée. Elles sont ouvertes de 6 h à minuit pour les plus grandes, et certaines permettent une ouverture le dimanche. Un visiteur sur trois entre dans un commerce et y effectue dans deux cas sur trois un achat. Au final, les rendements au m2 sont très supérieurs à la moyenne.
Sur le plan juridique, nos contrats sont des conventions ou autorisations d’occupation temporaire du domaine public, sans droit d’entrée. Contrairement aux baux 3,6,9, ils ne génèrent pas de propriété commerciale pour l’occupant, et leur durée est généralement plus courte, mais nous l’ajustons en fonction des investissements à amortir. Pour un restaurant, qui réalise des travaux importants, elle peut être de 10 ans par exemple. Pour d’autres activités, ce sera plutôt 4 ou 5 ans. Ces conditions sont bien acceptées par les preneurs.
Comme dans les centres commerciaux, nous demandons une redevance minimum garantie et une redevance variable qui peut atteindre la hauteur, pour nous, de 30 % du chiffre d’affaires au-delà d’un seuil déterminé.

Comment assurez-vous la montée en qualité ?

Compte tenu de la durée des contrats, nous avons la chance de pouvoir recommercialiser assez fréquemment nos espaces, en allant chercher les enseignes que nous jugeons les plus dynamiques. Dernièrement, la restauration assise est considérablement montée en gamme dans plusieurs grandes gares parisiennes où nous avons fait venir des chefs prestigieux. Nous demandons aussi aux grands opérateurs spécialisés dans le commerce en gare, qui exploitent un part importante des points de vente sous leurs différentes enseignes, de renouveler leur offre en passant des accords de franchise avec des marques appréciées des consommateurs, comme Paul, Prêt à Manger, Five G, Big Mamma, Eclair de Génie, Pradier, Big Fernand, Picto  etc. Pour les grands projets, nous travaillons avec des foncières de centres commerciaux dont c’est aussi le coeur de métier : Klépierre à Saint-Lazare, et maintenant Altaréa Cogedim à Montparnasse, que nous refaisons entièrement et qui aura une centaine de boutiques.

[1] Dont espaces publicitaires : 14 %

Décembre 2016

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