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Gontran Thüring

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Interview de Gontran Thüring, délégué général du CNCC

La mixité urbaine répond à une évolution sociétale majeure

Le Conseil national des Centres Commerciaux (CNCC) fédère l’ensemble des professionnels de la filière. Fin 2016, il a constitué une commission de façon à réfléchir sur le thème des “mixités urbaines”. Son Délégué Général, Gontran Thüring, explique pourquoi à Parlons Commerce.

Pourquoi le CNCC s’intéresse-t-il à la mixité urbaine ?

Le CNCC veut être le lieu d’un dialogue constructif entre les professionnels et les pouvoirs publics. Or les élus sont devenus très demandeurs d’opérations urbaines mixtes associant des bureaux, des logements, des loisirs, des services et du commerce. On voit d’ailleurs se développer de nombreux projets de ce type, y compris en secteur périurbain. Notre profession est en phase avec cette demande : nous y voyons le reflet d’une évolution sociétale majeure. Nos journées seront de moins en moins séquencées entre des temps consacrés au travail, puis aux loisirs, puis au shopping, etc. Nous allons vers une imbrication de nos activités quotidiennes et il est normal que les lieux qui les accueillent soient eux aussi de plus en plus proches, mixtes et pratiques.

La mixité urbaine est-elle un axe d’innovation pour les projets de centres commerciaux ?

C’est d’abord à l’évidence un axe de développement car le sens que nous donnons à l’expression “centre commercial” est large dans la mesure où nous y englobons tous les ensembles commerciaux structurés, y compris en pied d’immeuble. Le développement de projets mixtes devrait d’ailleurs être désormais plus rapide que celui des projets purement commerciaux.

Mais cela reste aussi un axe d’innovation. En effet, la mixité urbaine va bien au-delà de la juxtaposition des fonctions. Il faut également y réfléchir en termes d’intégration : quelle communauté les différents occupants vont-il former ? Comment animer et gérer cet ensemble ? Comment le consommateur va-t-il y circuler, quelle expérience va-t-il y vivre ?  Nous avons effectué dernièrement un voyage d’étude en Scandinavie. Le programme Urban Escape, à Stockholm, est très inspirant de ce point de vue.

Est-ce aussi un sujet de réflexion pour les centres existants ?

Oui, car l’âge moyen des centres est actuellement de 30 ans et ils ont donc besoin de se renouveler. Des surfaces vont se libérer avec la réduction par exemple des grandes surfaces alimentaires. Il  est donc prudent d’anticiper, d’autant que cette diversification répond à la demande des consommateurs qui, in fine, sont ceux pour qui nous travaillons !

Avril 2017

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