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La mixité, cette idée durable qui met enfin tout le monde d’accord

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Jerome Le Grelle, Président de Convergences-CVL

Tous les acteurs de la fabrication de la ville s’entendent aujourd’hui sur la nécessité de revenir à une ville mixte, dans laquelle habitat, tertiaire, commerce, services, loisirs, culture trouvent leur place au sein de quartiers multifonctionnels. Quelle part prend le commerce dans cette réinvention ?

Rapprochement

L’aspiration à la mixité urbaine va de pair avec la dénonciation, et souvent le déclin, des pôles exclusivement commerciaux coupés de leur environnement. Or on a vu avec quelle frénésie la grande distribution alimentaire a maillé les villes de magasins de proximité, format redevenu moderne en une décennie, les années 2000. Voilà un exemple assez frappant de rapprochement des fonctions.

Intégration

La mixité urbaine n’est pas une simple affaire de proximité. Un degré supérieur est atteint par l’intégration des fonctions, souvent sous la pression d’enjeux économiques ou environnementaux. On pense au stationnement mutualisé, entre logements la nuit et bureaux le jour par exemple, qui permet d’économiser de coûteuses nappes de parking.  On pense aux techniques innovantes de gestion économe de l’énergie à l’échelle d’un quartier et non plus d’un immeuble.

Le commerce n’est pas en reste. Au cours de la décennie actuelle, d’énormes progrès ont été accomplis par les aménageurs et les opérateurs immobiliers pour l’intégrer aux projets urbains. Mieux, c’est à partir d’une expertise avérée des centres commerciaux qu’un acteur majeur comme Altarea Cogedim est devenu producteur de quartiers mixtes, positionnement aujourd’hui revendiqué par la plupart des grands promoteurs nationaux.

Hybridation

On peut faire le pari que la prochaine décennie nous amènera un cran plus loin.   Car le principe de mixité s’étend aujourd’hui aux fonctions elles-mêmes. Les frontières s’effacent entre habitation et travail, entre habitation et hôtellerie, entre loisir et travail… ; des espaces de rencontre prennent place dans les immeubles d’habitation. Cette hybridation de fonctions autrefois disjointe est un axe fort d’innovation chez les promoteurs immobiliers, portée par l’évolution des modes de vie et très demandée par les aménageurs.

Là encore, le commerce est au diapason. La révolution digitale en marche déplace la vocation du magasin du transactionnel, de plus en plus dématérialisé, vers le service, le conseil, voire vers ce que les marketeurs des enseignes appellent l’expérientiel. On y vient pour vivre un moment privilégié, plus proche du loisirs que du shopping : on est bien dans un processus d’hybridation.

Ainsi, loin des oppositions idéologiques qui minent trop souvent les relations entre urbanisme et commerce, tous les acteurs publics et privés semblent regarder dans la même direction et s’inspirer mutuellement.

L’avenir dira ce que nous réservent un certain nombre de grands projets actuellement dans les cartons, mais le bouillonnement d’idées auquel on assiste en ce moment a de quoi rendre optimiste.

Avril 2017

À lire ce mois-ci :

Gontran Thüring, (délégué général du CNCC): La mixité urbaine répond à une évolution sociétale majeure

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