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Thierry Febvay

Thierry Febvay © Philippe CAUMES 2
Thierry Febvay © Philippe CAUMES 2
Thierry Febvay, directeur général de l’EPA ORSA

Nous avons toutes les raisons d’être exigeants car nous proposons un très beau site

L’Établissement public d’aménagement Orly Rungis-Seine Amont (EPA ORSA), aménageur de l’éco-quartier des Portes d’Orly à Chevilly-Larue (94), s’apprête à lancer une consultation d’investisseurs spécialisés en vue de céder la propriété foncière des rez-de-chaussée commerciaux de l’opération, environ 5 000 m2. Thierry Febvay est le directeur général de l’Établissement.

Qu’est ce qui vous a conduit à organiser cette consultation ?

Il y a de nombreuses conditions au succès du commerce dans une opération d’aménagement. Placer la propriété foncière dans les mains d’un investisseur unique spécialisé dans la gestion de cette classe d’actifs en est une. C’est lui qui veillera à la bonne complémentarité des activités et à son maintien dans la durée. On n’obtient pas le même résultat avec des propriétaires individuels. Sans être ennemi de son rendement locatif, l’investisseur unique spécialisé sait que c’est la pertinence globale de l’offre qui fait la prospérité de chaque commerce, donc la valeur de ses actifs. Son intérêt est ainsi aligné sur l’intérêt général, celui des clients, de la collectivité et de l’aménageur.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de votre futur partenaire ?

Sur un site d’une telle qualité, nous avons toutes les raisons d’être exigeants. Nous parlons d’un coeur de quartier ancré sur le tissu urbain existant, d’un quartier mixte résidentiel et tertiaire offrant une grande diversité de logements, et d’un pôle de flux important en devenir, avec le tramway et une station sur la ligne 14 qui doit rejoindre Orly. Sa visibilité est excellente. Bien entendu, l’assise financière et l’expertise du spécialiste seront des qualités déterminantes, mais nous recherchons aussi le meilleur projet pour ce site où convergeront des clientèles nombreuses aux profils variés. Il mérite une approche inventive et fine dans le ciblage des activités, dans une vision de long terme.

En tant qu’ancien DG d’Epareca[1], quel regard portez-vous sur l’insertion du commerce dans les opérations d’aménagement ?

Epareca, par définition, est souvent appelé sur des sites où le commerce n’est pas adapté. Il faut dimensionner et localiser le commerce très en amont. À 10 m près, on risque de se tromper, c’est vraiment un travail de spécialiste. En arrivant à l’EPA [ndlr : 2016], j’ai constaté qu’il était justement en pointe sur ce sujet. Aux Portes d’Orly où les études de potentiel et de merchandising ont été faites très tôt, il saute aux yeux que les espaces commerciaux sont placés au meilleur endroit possible en termes de visibilité et de flux. La programmation commerciale a clairement contribué à guider la définition du projet urbain.

J’observe aussi que les collectivités ont conscience de leur rôle en la matière. Elles commencent à considérer que le commerce, même s’il relève du privé, appelle des politiques publiques dédiées, justifiées notamment par le rôle essentiel qu’il joue dans l’animation des villes.

[1] Epareca, établissement public national d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux, accompagne les collectivités locales dans la reconquête de leurs zones commerciales et artisanales de proximité, au sein des quartiers en difficulté.

Mars 2017

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